Les légumes du Sud de Lyon

DES MELONS AU SUD DE LYON

Botanique

Une histoire de légume

On sait que le Melon est une plante originaire des régions chaudes de l’Asie. Très probablement cultivé depuis des centaines d’années, son origine botanique est mal connue.

Le melon est une plante annuelle, à tiges herbacées, de la famille des cucurbitaceae. Munies de vrilles, il s’arrime aux objets environnants. Ses tiges et ses larges feuilles sont pourvues de poils courts et durs, presque aussi denses que des épines, ce qui les rends rêches au toucher. Il existe de nombreuses variétés de Melon. Il n’y a pas de corrélation entre la taille des feuilles et la taille des fruits, les deux pouvant être très différents d’une variété à une autre. Il existe en outre une grande diversité de forme, la couleur et texture des fruits. Bien que quasiment toujours oblongue, les melons peuvent être crénelés (comme la citrouille), lisses ou à nervures, à peau noire, rouge, jaune, verte, ou encore grise, sans parler des panachures les plus diverses. La chair peut être jaune, blanche, orange, rouge,...

Située au sud de Lyon, sur la rive droite du Rhône, la ville d'Ampuis fût célèbre pendant des siècles (surtout de la renaissance à la seconde guerre mondiale) pour sa production de melons Canteloup ‘De Ampuis’. Ces melons, cultivés dans des jardins exigus et luxuriants, sont décrits dans de nombreux ouvrages horticoles comme possédant un parfum inégalé, une chair épaisse et relevée. Ils étaient reconnaissables à leur forme allongée, à côtes bien marquées, ainsi qu'aux « broderies » qui se dessinaient sur leur peau. Ces délicieux fruits étaient principalement produits à destination de Lyon, mais garnissaient également certaines tables parisiennes fortunées.

On dit du melon d’Ampuis, dans le “Traité de la culture du melon en pleine terre” de 1836, que son “fruit est de forme allongée à côtes bien marquées recouvert d’une belle broderie. La chair très épaisse est un peu moins fine que celle du cantaloup mais aussi elle est plus relevée. En tout c’est un des melons les meilleurs à manger et des plus avantageux à cultiver. C’est je crois le plus rustique de tous et le plus approprié à notre climat. Le melon de Honfleur qui lui ressemble quoique un peu plus gros m’a paru sous tous les rapports lui être inférieur.”

L’historien Pierre Matthieu relate même qu'en 1598 le roi Henri IV, à Monceaux, alors à la diète, en abusa si bien qu'il faillit en mourir d'indigestion ! En Ampuis, cette culture de renom décline cependant progressivement après la révolution française, jusqu'à disparaître sous l'effet de la concurrence des autres régions. Une variété locale de cantaloup appelée de ‘Pierre Bénite’ fût cultivée abondamment aux abords de Lyon entre les deux-guerres. Ce melon semblant avoir disparu aujourd’hui, les botanistes pensent qu’il s’agirait de la même variété que le cantaloup cultivé à Cavaillon le ‘Cantaloup du Vaucluse’, ou d’une variété extrêmement proche.

Urbanisme

Le saviez-vous ?

Dans la région lyonnaise, le melon demeure une culture de luxe. En effet, l'atmosphère est humide et la température modérée. Le climat convient parfaitement à la culture des légumes feuilles comme les poireaux, choux, épinards, mais rend difficile celle des melons, tomates, aubergines et artichauts. Néanmoins, en 1819, M. Madirot, de la Société Royale d'Agriculture, recense pas moins de 24 espèces différentes de melons cultivés  dans les environs de Lyon. A Irigny et Pierre-Bénite, les maraîchers utilisent le châssis afin de profiter au maximum de leur exposition favorable. Ils se spécialisent dans la culture hâtée. Leur production de melons concurrence progressivement celle d’Ampuis. En 1940, pas moins de 12 hectares à Pierre-Bénite et 2 à Irigny sont consacrés à la culture de ce fruit délicat. Toutefois, dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale,sous l’influence du gouvernement,  les régions de France se spécialisent dans la culture de certains légumes et exportent leur production à travers tout le pays : melons du Midi, pois, haricots, pomme de terre, asperges.... Leur vente encombre les marchés lyonnais et font baisser les prix, réduisant par conséquent la production locale de ces légumes en banlieue lyonnaise.

Pierre-Bénite, vue des châssis alignés dans un clos et de la vigne palissée sur les murs,
1940 Fonds CRBA

Melon de Pierre-Bénite ou de poche
Catalogue Rivoire de 1886 - Fonds CRBA

Au potager

Jardinage écologique

Comme beaucoup d’autres plantes d’origine tropicale, les melons demandent un terrain fertile, richement ensoleillé, possédant un sol frais et une température “chaude” afin de prospérer et fournir de beaux fruits. Idéalement, le melon apprécie les sols aux alluvions riches (comme dans la vallée du Rhône) ou un terrain bien amendé. Lors de sa culture, la température ne doit pas descendre sous les 12°C. Les fruits sont d’autant meilleurs qu’à l’approche de leur maturité la température moyenne s’est maintenue plus élevée. C’est pour cette raison qu’en Europe, une partie importante de la production s’est orientée vers de la culture “forcée”, sous serre.

Dans la vallée du Rhône, le sol est léger. Bien exposées, les pentes d'Ampuis, Irigny et Pierre-Bénite donnent généreusement des carottes, laitues et radis de bonne qualité. Les melons y sont toutefois souvent recouverts d'un châssis et plantés sur couche chaude. Leur culture reste délicate et nécessite beaucoup de soin.

Les fleurs de melon sont très visités par les abeilles et les bourdons, ce qui suffit souvent à réaliser leur pollinisation. En vue de maximiser vos chances, n’hésitez pas à planter à proximité des plantes mellifères !

La plante nécessite 5 mois pour effectuer son cycle. On distingue trois principales cultures du melon : la culture “forcée”, qui débute dès janvier. Son objectif est d’obtenir des melons à partir de mai. Les fruits récoltés à partir de la fin juin sont quant à eux “primeurs”. Pour finir, la récolte de  la culture “de saison” s’étale de juillet à octobre. Les variétés utilisées s’adaptent à la période de récolte souhaitée. Si vous appréciez beaucoup le melon et que la surface de votre jardin le permet, il est donc possible d’en récolter dans votre potager six mois de l’année !

En Europe, on pratique la taille du Melon, pour hâter sa fructification. L’objectif est de ramifier les tiges et limiter la quantité de fruits arrivants à maturité par pied. Sans cet artifice, le plant produirait des fruits à une période où ils n’atteindraient pas leur maturité dans de bonnes conditions.

Parce que sensibles aux mêmes maladies, il est préférable d’éviter au melon la cohabitation des autres cucurbitaceae (courges, concombres, …). Plante gourmande, la rotation des cultures est également recommandée.

Aux fourneaux

De la fourche à la fourchette

Il n’est pas obligatoire d’attendre que le melon soit complètement mûr pour le récolter. Il peut finir ses derniers jours dans un endroit sain (ni trop humide, ni trop chaud). Aujourd’hui, beaucoup de cultivateurs ne s’en privent pas, principalement pour des raisons de transport. Toutefois, avec quelques jours de soleil en plus attaché à sa tige, le melon peut se gorger davantage de sucres, gagnant d’autant en saveurs.
Généralement le melon se consomme cru. Certaines variétés sont propices à transformer en confitures. Les jeunes melons (que l’on supprime verts) peuvent se cuisiner comme des courges ou des jeunes concombres ou confits au vinaigre comme des cornichons.
Depuis son introduction en Europe, ce fruit s’emploie autant en entrée qu’en dessert. Aujourd’hui, nous vous proposons une recette de melon cuit, à servir en dessert. Une recette imaginée par le chef lyonnais étoilé Christian Têtedoie.

La recette

MELON CARAMELISE

La recette que nous vous proposons contient des doses pour 4 couverts

Pour le melon
1 melon
20 g de beurre clarifié
Sel et poivre

Pour la sauce à la menthe
60 g de crème à 30 % de matière grasse
40 g de lait concentré
½ botte de menthe fraîche

Pour les arlettes
100 g de pâte feuilletée
25 g de sucre semoule

  • Ôtez la peau du melon et le découper en quartiers.
  • Égouttez les melons en les déposant sur un papier absorbant.
  • Dans une poêle bien chaude, faites caraméliser les fruits dans le beurre. Puis réservez au chaud.
  • Faites chauffer la crème dans une casserole et ajoutez la menthe.
  • Laissez infuser 20 minutes puis filtrez, et ajouter le lait.
    Réservez au frais.
  • Étalez la pâte feuilletée et saupoudrez-la de sucre en poudre.
  • Roulez la pâte en un boudin de 40 mm de diamètre. Et coupez-en des tronçons de 1 cm d’épaisseur.
  • Étalez les tronçons et cuisez-les entre 2 plaques à 200 °C environ 12-15 minutes. Les Arlettes doivent être brune mais pas brûlées.
  • Dressez à présent les quartiers de melon poêlés, des points de sauce. Pour ne pas qu’elles ramollissent, disposez au dernier moment les Arlettes feuilletée.
  • C’est prêt !
Temps ludique

Jeu des sept différences

Si vous vous sentez l’âme d’un détective, pour conclure, voici un petit jeu : saurez-vous trouver les sept différences entre ces deux images ?

La solution dans l’article sur le cresson.

Solution du jeu précédent

Ci-dessous, la solution du jeu des 7 erreurs proposé dans l'article sur le poireau 'Bleu de Solaize'.

SOURCES

Cet article à été rédigé avec le soutien de la Métropole de Lyon, dans le cadre du projet Vallée de la Chimie.
Il a été écrit par Elie Lombard et Violette Tournilhac, avril 2020. Merci à Olivier pour la participation et la mise en page.

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